Date: 25/03/2009
Janacék - Dvorák
Quatuor de Leipzig
MDG “Gold”
For those interested in looking for a link between Janácek’s two string quartets and Dvorák’s Cypresses, the answer is love. On his own admission, Dvorák wrote the Cypresses song-cycle, 12 of which he arranged for string quartet, when he was 'very much in love'; whether this was with the woman who eventually became his sister in law, we can't be sure, but there is no doubting their ardour. Both of Janácek's quartets were profoundly affected by his love for Kamila Stösslova with the second, Intimate Letters, amounting almost to a record of his infatuation. That said, Janácek's quartets have rather more in common with the biographical nature of Smetana's First Quartet and the volatility of his Second.
The Leipzig String Quartet certainly have a strong handle on the emotional dynamics of these extraordinary works. Their reading of the opening of the First Quartet is quite soft grained, but this does not prevent a suitably savage account of the sul ponticello writing in the second movement. While the powerful gestures in each quartet are grasped unerringly, there are times when the balance is not ideal - notably the nostalgic pizzicato intervention of the second violin in the finale. There is much to admire in these well-recorded performances, but they do not equal the Skampa Quartet's marvellously insightful recording. The Leipzig's readings of Dvorák's Cypresses, however, are near ideal, imbuing these works with an unexpected depth quite the equal of similarly fine renditions by the Prazak on the Supraphon label and the Lindsay Quarter on ASV.
Jan Smaczny – BBC Music Magazine, mar. 09
L’originalité de Janácek tient à l’intérêt qu'il porte au folklore morave et à la musique de la langue parlée. Dépassant les contingences de la musique à programme, son Premier Quatuor à cordes (1923), d’après La Sonate à Kreutzer de Tolstoï, traduit le mouvement d’intensification et de destruction de la passion, tandis que dans le Deuxième Quatuor (1928), Janácek renonce au masque de la fiction: il veut que l’œuvre soit en prise directe sur les sentiments qu’il éprouve pour une très jeune femme, Kamila Stösslova.
Faisant montre d’une maîtrise exemplaire, les excellents instrumentistes du Quatuor de Leipzig ne se jettent pas à corps perdu dans ces partitions. Ils en font plutôt ressortir la splendeur et l’équilibre interne, sans réellement exploiter la modernité de l'écriture. Dans leur conception un rien trop germanique, ils oublient à quel point Janácek, s’il continue à se couler dans des architectures en quatre parties, prend à l’intérieur de chacune d’elles les plus grandes libertés. Dès le Quatuor n° 1, son langage, focalisé sur les affects, bouleverse l’organisation habituelle. Malgré la beauté de ses timbres et sa sureté technique, le Quatuor de Leipzig semble vouloir ramener le déploiement et la multiplicité des rythmes (Quatuor n° 2) à un contenu expressif stable, là où de nombreuses versions tchèques (Quatuors Vlach, Janácek, Smetana, Talich, Prazak) ou non tchèques (Quatuors Lindsay, Hagen, Britten, Diotima), ne laissent à l’inverse aucun instant de répit.
Le complément des Cyprès (1865), cycle de mélodies de jeunesse transposées pour quatuor par Dvorák lui-même en 1887, n’est pas sans attraits, mais une impeccable mise en place et des couleurs variées ne suffisent pas toujours dans Janácek.
Patrick Szersnovicz – Le Monde de la musique, fév. 09
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